Vues extérieures

jeudi 1er mai 2014
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Article paru dans la Barrette 55 de mars 2013

Après nous être intéressés à la façade de l’église, examinons en détail le reste de l’édifice.

L’église Marie-Immaculée, bien que de taille relativement modeste comparativement à d’autres églises construites au XIXème siècle à Nancy, n’en présente pas moins une structure complexe.

En fait, l’église Marie-Immaculée, construite par l’architecte Léon Vautrin comme déjà indiqué lors de précédents articles, préfigure tout particulièrement l’église Saint-Léon dont on retrouve, certes simplifiées, les mêmes dispositions au niveau de la nef.

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La chapelle sur une photo du XIXème siècle : on y distingue bien la flèche à la croisée des transepts et les fleurons des travées aujourd’hui disparus.


La similitude est poussée à son paroxysme par le fait qu’à l’origine l’église Marie-Immaculée possédait une flèche à la croisée des transepts, démontée à une époque inconnue, exactement comme l’église Saint-Léon qui possédait également une flèche à la croisée des transepts, démontée pour des raisons de solidité.

L’église Marie-Immaculée possède une nef constituée de trois travées, suivie d’un transept. Contrairement à l’usage répandu dans les édifices de même style, le transept présente une largeur inférieure à celle de la nef mais qui permet tout de même d’y inclure de larges baies gothiques avec vitraux. Ensuite s’étend le chœur qui occupe un tiers de la longueur de l’édifice, ce qui est normal pour une église destinée à des religieux qui devaient trouver leur place dans le chœur pour les offices.
La toiture en ardoise présente des dispositions peu communes : sur la structure simple, à deux pans, viennent se raccrocher un grand nombre de décrochements issus de chaque travée.

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Les décrochements du toit © Googlemaps


Entre chaque travée, un contrefort en pierre noyé dans la maçonnerie est surmonté d’un pinacle, derrière lequel on trouve le réseau collecteur des eaux pluviales qui vient traverser la pierre pour se jeter dans des descentes en métal.

On retrouve exactement la même disposition pour l’église Saint-Léon, la seule différence étant que cette disposition ne concerne que les bas-côtés, la toiture de la nef principale étant une structure simple à deux pans.

De chaque côté des extrémités du transept, on trouve deux imposants contreforts en pierre de taille surmontés de pinacle massifs, pour assurer à l’édifice sa stabilité. Le mur du transept, côté chœur, présente une baie murée : on sait qu’à l’origine deux grandes fresques étaient peintes à ce niveau à l’intérieur de l’église mais peut-être que le concepteur souhaitait à l’origine y voir placer des vitraux.

Pour comprendre une telle modification, il faut avoir assisté à la Messe un dimanche matin ensoleillé (ce qui s’est produit plusieurs fois depuis notre arrivée dans l’édifice) : nous pouvons émettre l’hypothèse, compte-tenu du bain de lumière qui inonde le chœur, que l’architecte a souhaité renoncer à ces baies superflues pour y placer plutôt des fresques.

Bien que l’église ne soit pas strictement orientée, le chœur tourné vers le sud-est nous offre donc lors des journées ensoleillées le moyen de pouvoir comprendre de manière toute particulière le début de l’hymne de l’office de Prime du Bréviaire : « Iam lucis orto sidere (...) », c’est à dire « Déjà paraît l’astre éclatant (...) ». Parfois, une construction architecturale bien conçue permet d’illustrer de manière toute particulière la liturgie de l’Église.

La structure des baies des vitraux est relativement simple : une ogive est séparée en deux par un meneau en pierre terminé par un lobe en partie haute. Une petite rosace située au-dessus vient assurer la liaison avec l’ogive. Au-dessus de chaque baie des vitraux, on trouve dans la maçonnerie un trilobe qui donne directement dans les combles.

Enfin, le temps a modifié la perception de l’édifice car, à l’origine, on trouvait d’imposants fleurons au sommet de la pointe en maçonnerie située à chaque travée et des fleurons un peu moins importants au-dessus des contreforts. Si ces derniers, bien que très abîmés, sont encore présents un peu partout autour de l’édifice, les fleurons situés au sommet des travées ont bel et bien disparu.

Parfois, la zinguerie recouvre même la base et efface toute trace de ces éléments dont on peut voir seulement un “bourgeon” sur la première travée de la façade située sur la gauche de l’édifice.
Yves Masson

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Vue du chœur depuis le jardin : les baies aveugles du transept et la structure des vitraux.


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mercredi 17 mai 2017

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